L’Organisation des peuples africains- Burkina Faso (OPA-BF). C’est le dernier né de la scène politique burkinabè, qui a été présenté ce mercredi 21 février 2018. A l’origine de ce parti qui prône la création des Etats-Unis d’Afrique, des « patriotes burkinabè anti-impérialistes, qui ont des convictions révolutionnaires ».
Le nouveau parti entend travailler à l’édification d’une société nouvelle, débarrassée de l’injustice sociale et de la domination impérialiste.

‘’L’Afrique aux africains, le marché africain aux africains, les richesses africaines aux africains ‘’ c’est ce que réclament les militants du l’OPA-BF. A la tête de cette nouvelle organisation qui se réclame déjà de l’opposition, Me Ambroise Farama, un ancien militant de l’Union pour la renaissance/ Parti sankariste (UNIR-PS). ‘’Nous ne nous reconnaissons pas dans le système de gouvernance actuelle. Nous sommes de l’opposition et nous l’assumons entièrement » a déclaré le président de l’OPA-BF.


A en croire les dirigeants du parti, 58 années après son indépendance, le Burkina Faso, à l’instar des autres pays africains, est resté une société néocoloniale. Le néocolonialisme ayant succédé au colonialisme, l’OPA-BF entend venir à bout de ce système et de ses « valets locaux », en se fondant sur le néopanafricanisme. L’objectif étant de créer les Etats-Unis d’Afrique, dont le Burkina ne sera que l’un des Etats fédérés.

Et pour cela, l’OPA-BF souhaite faire table rase du passé et mettre en place un système authentique en l’Afrique et au Burkina. Si cela peut paraitre utopique, Ambroise Farama soutient : « Nos devanciers ont créé dans les années 1960, un mouvement panafricain qui leur a permis de venir à bout de la colonisation. Depuis 1960 à nos jours, nous continuons de parler de ce système colonial, mais personne ne propose quelque chose de fondamental pour s’attaquer à ce système. Nous avons osé, on peut nous prendre au mot, mais nous disons, que l’avenir nous donnera sans doute raison ».

‘’ Nous avons plus à perdre en politique qu’à gagner’’

Clamant qu’il n’est plus question de s’enfermer dans une camisole de « sankarisme » mais d’aller au-delà, en poursuivant les idéaux du père de la révolution burkinabè, Ambroise Farama et ses camarades martèlent « Ce que nous prônons, les Burkinabè peuvent nous regarder individuellement et collectivement, personne d’entre nous n’a déjà trahi ces valeurs. On doit accorder le bénéfice du crédit à ceux-là qui n’ont pas encore gouverné, à ceux là qui portent des garanties de vérité et de probité pour notre pays ». Puis de renchérir : « Nous n’avons pas besoin de créer un parti politique pour rejoindre l’opposition pour espérer avoir des dossiers judiciaires en vue de nourrir nos familles ; bien au contraire, je pense que nous avons plus en perdre en politique qu’à gagner. C’est au pied du mur qu’on nous jugera ».

A la conquête du pouvoir…..

Si la révolution de l’OPA-BF ne s’attaque pas à un parti, encore moins à un président, le nouveau bébé qui dit lutter contre un système, envisage la conquête du pouvoir. Ainsi, le premier chantier du parti sera son implantation sur toute l’étendue du territoire national, suivi de la formation de ses militants. A ce sujet, notons que lors du congrès constitutif de l’organisation le 11 février dernier, la Convergence pour la démocratie sociale (CDS), a matérialisé sa dissolution et l’OPA-BF compte déjà dans ses rangs, le SG de la CDS, Ernest Compaoré, qui occupe le même poste au sein du parti. « Nous avons analysé le contexte national et international, et nous avons dit qu’on pouvait construire quelque chose de nouveau » a dit Ambroise Farama. Parmi les figures connues de cette nouvelle organisation, on note la présence de Mahamadi Sawadogo, un ex militant de l’UNIR /PS.

Ce parti qui veut réinventer l’avenir est symbolisé par un phoenix de couleur rouge et blanc qui prend son envol à partir du Burkina, pour répandre la renaissance africaine sur tout le continent.